
Baisse de la consommation, nouvelles attentes des consommateurs, évolution du climat et pression sur les coûts : le monde du vin change. Et si une partie de la réponse se trouvait dans les cépages que nous plantons aujourd’hui ?
Le vin change, et le marché aussi !
Le constat est difficile à ignorer : les Français consomment moins d’alcool qu’il y a quelques décennies. Depuis 1960, la consommation d’alcool a diminué de 60%, avec une baisse particulièrement marquée pour le vin, même si le vin reste la boisson préférée des Français.
Dans le même temps, le vignoble bordelais traverse une profonde transformation : autour de 40 000 hectares de vignes ont été arrachés, soit près de 40% de la surface du vignoble.
Ces chiffres racontent une histoire : celle d’un marché qui ne peut plus uniquement chercher à produire davantage.
La question n’est donc plus seulement « Combien de vin produire ? », mais plutôt « Quel vin produire demain, pour quels consommateurs et avec quelles pratiques ? »
Comment séduire la génération Z ?
Les nouveaux consommateurs ne rejettent pas forcément le vin. Ils veulent le comprendre.
La Génération Z est souvent présentée comme une génération qui se détourne du vin, mais la réalité est plus nuancée.
Elle semble surtout remettre en question les codes traditionnels du vin : son vocabulaire parfois complexe, ses usages, son image très codifiée ou encore la difficulté à comprendre ce que l’on achète.
En revanche, elle recherche davantage :

Et surtout, elle veut pouvoir comprendre ce qu’elle consomme : l’origine, le terroir, les méthodes de production et l’impact environnemental deviennent alors des éléments importants dans le choix.
Ce que cela implique pour la filière :

Autrement dit : les attentes du consommateur et les évolutions du vignoble ne sont pas deux sujets distincts. Elles sont de plus en plus liées.
Et si le cépage faisait partie de la réponse ?
Pendant longtemps, le raisonnement était relativement simple : produire ce que l’on sait faire, puis chercher à le vendre.
Mais lorsque le marché évolue, cette logique atteint ses limites. Les consommateurs boivent moins, mais recherchent davantage de sens, de diversité et de lisibilité. Le climat évolue, les coûts de production augmentent, les contraintes environnementales se renforcent.
Dans ce contexte, le choix du cépage devient un véritable levier d’adaptation. Certaines variétés sont étudiées pour leur résistance aux maladies, d’autres présentent un intérêt face aux évolutions climatiques ou permettent d’envisager de nouveaux itinéraires techniques.
C’est notamment tout l’enjeu des VIFA : les Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation.
VIFA : Anticiper plutôt que subir
L’objectif n’est pas de remplacer du jour au lendemain les cépages qui font l’identité de nos vignobles. Il s’agit plutôt de préparer l’avenir, en testant des variétés susceptibles de répondre aux enjeux de demain tout en conservant les caractéristiques qui font la typicité des vins.
Certaines variétés peuvent notamment permettre de réduire la sensibilité aux maladies et, potentiellement, de diminuer le recours aux traitements. L’enjeu est donc d’adapter le vignoble sans perdre son identité.
Saurez-vous reconnaître les cépages du vin de demain ?
Le programme INRAE-ResDur a permis de travailler sur différentes variétés présentant notamment des caractéristiques de résistance aux maladies.

Ces variétés ne constituent pas une réponse unique à tous les enjeux de la filière. Elles représentent plutôt une boîte à outils supplémentaire pour imaginer le vignoble de demain.
Pourquoi ces variétés intéressent-elles la filière ?
- Résister davantage : Certaines présentent une résistance intéressante face à certaines maladies, notamment le mildiou et l’oïdium.
- Réduire certains intrants : Une meilleure résistance peut permettre d’envisager des itinéraires techniques nécessitant moins d’interventions.
- Anticiper les évolutions : Le choix variétal fait partie des leviers permettant d’adapter progressivement le vignoble aux changements à venir.
- Continuer à faire du vin qui a du sens : L’enjeu reste de produire des vins qualitatifs, identitaires et adaptés aux attentes du marché.
Du vignoble au produit, tout doit évoluer ensemble
Réfléchir au cépage sans réfléchir au produit final n’aurait finalement que peu de sens. Les consommateurs recherchent davantage de simplicité et de praticité, cela peut aussi se traduire par de nouveaux formats.

- Des conditionnements plus accessibles
- Des formats individuels ou adaptés à différents moments de consommation
- Des packagings plus attractifs et plus lisibles
- De nouvelles façons de présenter et de raconter le vin
Le vin peut se réinventer sans perdre son identité.
Il ne s’agit pas de faire disparaître les codes qui font la richesse de la filière, mais de les rendre plus accessibles à ceux qui les découvrent.
Le vrai défi : produire le vin que les consommateurs auront envie de boire demain
Les nouveaux cépages ne sont donc qu’une pièce du puzzle. Face aux mutations du marché, la filière doit réfléchir simultanément : au vignoble → aux pratiques → aux coûts → au produit → au consommateur.
C’est cette vision globale qui permettra de construire des modèles plus résilients.
Le vignoble de demain ne se construira pas en abandonnant son identité, il se construira en sachant évoluer.
Et peut-être que les cépages que nous découvrons aujourd’hui seront justement ceux qui permettront au vin de continuer à écrire son histoire demain.





